"À partir d’un certain niveau, il faut se professionnaliser," dixit An-Katrien Casselman à propos du Certificat Influenceur

"À partir d’un certain niveau, il faut se professionnaliser," dixit An-Katrien Casselman à propos du Certificat Influenceur

10/03/2026 14:00 by FeWeb

Depuis 2012, An-Katrien Casselman partage ses passions et coups de cœur en ligne, ce qui lui vaut aujourd’hui plus de 238 000 abonnés sur Instagram. Elle est ainsi non seulement l’une des plus grandes influenceuses de Belgique, mais aussi l’une des pionnières du secteur. Titulaire du Certificat Influenceur et membre du conseil d’administration de l’Influencer Marketing Alliance, elle s’engage également en faveur d’une législation plus claire pour le secteur. Un entretien sur les droits et les devoirs, mais aussi sur l’honnêteté et l’authenticité.

En quatorze ans, An-Katrien a vu l’univers de l’influence profondément évoluer. « Au début, on pouvait compter les influenceurs sur les doigts des deux mains. Depuis, tout a explosé : nouvelles plateformes, nouveaux formats et une multitude de créateurs de contenu. Dans ce contexte, le Certificat Influenceur arrive, selon moi, à point nommé. »

« Au final, vous êtes un indépendant qui doit respecter la législation. »

Selon An-Katrien, le certificat, associé à l’e-learning qui l’accompagne, constitue une base solide pour aider les influenceurs à comprendre leurs droits et leurs devoirs. « Beaucoup d’influenceurs commencent avec l’idée : je me lance et on verra bien où cela me mène. C’est effectivement le bon état d’esprit – c’est ainsi que j’ai commencé moi-même. Mais à partir d’un certain niveau, il faut se professionnaliser. Au final, vous êtes un indépendant qui doit respecter la législation. »

Réfléchir à deux fois

En tant que détentrice du Certificat Influenceur, An-Katrien conseille à ses collègues – débutants comme créateurs plus expérimentés – de suivre l’e-learning et de passer l’examen. « Les exemples traduisent la législation dans la pratique et l’examen reflète bien la réalité. Moi aussi, j’ai parfois dû réfléchir à deux fois avant de répondre à une question – et c’est normal. La réalité du métier d’influenceur est souvent complexe. »

Elle souligne toutefois que le certificat constitue avant tout un point de départ. « C’est une base que de nombreux influenceurs attendaient depuis longtemps, mais cela reste un début. Le contenu du certificat devra évoluer avec le secteur. »

« Le certificat reflète bien la réalité complexe à laquelle les influenceurs sont confrontés. »

En tant que membre du conseil d’administration de l’IMA, An-Katrien participe activement à ce processus. « Je veux soutenir cette initiative dans la mesure de mes possibilités. Il y aura certainement des tâtonnements, mais l’essentiel est que mes collègues et moi puissions exercer notre métier correctement. »

Une législation des années 1970

An Katrien CasselmanAujourd’hui, les influenceurs se heurtent souvent à un cadre juridique qui ne correspond plus à la réalité. « Les influenceurs relèvent de la réglementation applicable aux enfants stars, aux artistes et aux acteurs. Cette législation date des années 1970 et n’est donc absolument plus adaptée au contexte actuel. »

Et de citer en exemple la réglementation sur le travail des enfants : « Comme ma petite fille apparaît parfois dans mon contenu, cela m’a valu des critiques. Pourtant, je connais très bien la législation. Mais peut-on vraiment comparer un enfant qui s’amuse dans un parc d’attractions et qui est photographié de temps en temps à un enfant qui doit poser pendant deux heures dans vingt tenues différentes ? Et si c’est le cas, combien de temps un enfant qui s’amuse tout simplement a-t-il “travaillé” ? Avec d’autres momfluencers, j’espère pouvoir mieux faire comprendre cette nuance. »

Ces questions – et d’autres – sont soulevées par l’IMA dans un mémorandum qui contient dix propositions visant à moderniser cette législation obsolète. « Beaucoup de personnes ont encore une image vague, voire erronée, de notre métier. C’est précisément pour cela que je trouve important de soutenir cette initiative. »

Les clauses en petits caractères

Au-delà des droits et des devoirs, An-Katrien espère que les influenceurs continueront à préserver leur authenticité. « Je n’accepte plus de collaborations que si je peux faire les choses à ma manière. Cela peut sembler strict, mais c’est l’authenticité qui garantit le succès de vos contenus. »

Ce n’est toutefois pas toujours facile, surtout pour les influenceurs débutants. « Cela reste évidemment votre revenu. Moi aussi, par le passé, j’ai par exemple créé du contenu pour des parfums que je n’appréciais pas particulièrement. L’essentiel est alors d’être honnête avec ses abonnés. »

« C’est l’authenticité qui garantit le succès des contenus. »

La même honnêteté s’applique à la manière dont elle teste les produits. « Si une marque de beauté me demande de tester une lotion pour le corps en quatre jours, je dis non. Je veux utiliser ce type de produit pendant au moins deux semaines pour savoir si j’en suis réellement satisfaite. Ce n’est que si je l’approuve vraiment que je le partage sur mon feed. Et mes abonnés le savent. »

La passion avant les produits gratuits

C’est d’ailleurs l’un de ses principaux conseils aux influenceurs débutants : « Ne faites pas cela pour l’argent ou pour les produits gratuits. C’est vraiment une mauvaise approche, et vous ne tiendrez même pas six mois. D’autant plus que rien n’est réellement gratuit. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que ces prétendus cadeaux constituent aussi un revenu imposable. Partagez du contenu sur ce qui vous passionne vraiment. Seule cette authenticité vous permettra d’aller plus loin. »

Credentials: Cet interview a été réalisé par BAM - Belgian Association of Marketing, partner of the Influencer Certificate

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