Une interdiction totale des réseaux sociaux pour les jeunes n’est pas la solution

Une interdiction totale des réseaux sociaux pour les jeunes n’est pas la solution

16/09/2026 09:50 by FeWeb

La protection des enfants et des jeunes contre certains contenus , contacts et pratiques sur les réseaux sociaux est, à juste titre, devenue une priorité importante dans le monde politique. Instaurer une interdiction totale en relevant l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux ne permet toutefois pas de résoudre le problème en lui-même. Les jeunes trouveront d’autres moyens d’accéder aux réseaux sociaux ou se tourneront vers des plateformes sur lesquelles les pouvoirs publics ont encore moins de prise. L'Influencer Marketing Alliance plaide en faveur d'une responsabilité partagée entre toutes les parties concernées, sur la base de règles européennes réalisables et proportionnées. 

Les réseaux sociaux font partie intégrante de la culture des jeunes. C'est par leur intermédiaire que les jeunes observent le monde, entrent en contact avec d'autres jeunes, jouent et s'informent. L'Influencer Marketing Alliance, qui regroupe à la fois des influenceurs et des créateurs de contenu, des agences de marketing d'influence et de gestion de talents, ainsi que des partenaires technologiques, réclame des mesures plus énergiques qu'une interdiction totale, telle que celle proposée par quelques politiciens locaux.

Le droit à l’information

Les réseaux sociaux font partie intégrante de la culture des jeunes. Ils constituent pour eux un moyen de découvrir le monde, d’entrer en contact avec d’autres jeunes, de jouer et de s’informer.
Une étude récente a montré que les jeunes suivent principalement l’actualité via les réseaux sociaux. Une restriction d’âge concernant l’accès aux réseaux sociaux limite donc également le droit des jeunes à l’information. Les médias traditionnels sont présents sur les réseaux sociaux afin d’informer les jeunes, mais les newsfluencers présentent eux aussi l’actualité d’une manière qui leur parle.
Les jeunes ont le droit de s’informer et de participer au débat public. En Belgique, les jeunes peuvent voter à partir de 16 ans. Une interdiction des réseaux sociaux est difficilement compatible avec ce droit de vote.

Une harmonisation européenne des règles

Les règles flamandes issues du décret relatif aux médias, et surtout l’interprétation qui en est faite par le Vlaamse Regulator voor de Media (VRM), diffèrent de l’approche francophone et germanophone en Belgique. L’Inspection économique adopte quant à elle une autre interprétation de la législation nationale. Les directives européennes donnent encore une autre lecture des règles européennes.
Le manque d’harmonisation au niveau européen entraîne des règles confuses, complexes et parfois contradictoires, qui rendent impossible pour le secteur de les appliquer correctement sur les plans technique et juridique.

Une responsabilité partagée

Les plateformes de réseaux sociaux limitent déjà aujourd’hui l’accès des enfants à leurs services. Tant pour les jeunes que pour les adultes, les plateformes doivent assumer leur responsabilité afin de garantir un environnement sûr. Les pouvoirs publics peuvent continuer à encadrer les plateformes, tant pour lutter contre les contenus préjudiciables que pour limiter les effets des algorithmes addictifs. Les plateformes s’engagent par ailleurs à mettre en pratique certaines recommandations, par exemple dans le cadre du projet de l’UNESCO consacré à la désinformation.
Le monde de l’entreprise s’impose lui-même des règles qui vont au-delà du cadre légal. Non seulement en interdisant la publicité pour certains produits ou services, mais aussi en veillant à ce que la publicité soit honnête et non trompeuse. La responsabilité sociale des marques, des agences de publicité et des médias, mais aussi celle des influenceurs et des créateurs de contenu, fait l’objet d’une attention croissante.
Les influenceurs et créateurs de contenu s’engagent à appliquer les règles à travers le Certificat Influenceur (www.influenceurcertificat.be). Cette formation en ligne rassemble de manière accessible l’ensemble des règles en matière de publicité et approfondit le rôle responsable que les influenceurs jouent vis-à-vis de leurs abonnés. Les marques s’engagent à collaborer avec des influenceurs certifiés. De telles initiatives sont mises en place non seulement en Belgique, mais également dans plusieurs États membres de l’UE dans le cadre du programme AdEthics.
Les parents doivent éduquer et accompagner leurs enfants afin de leur apprendre à utiliser Internet et les réseaux sociaux de manière responsable. Aujourd’hui, les parents sont déjà attentifs à la limitation du temps passé devant les écrans, mais apprendre à porter un regard critique sur les informations rencontrées en ligne fait également partie de cet apprentissage. En interdisant l’accès aux réseaux sociaux, on prive aussi les jeunes du processus d’apprentissage qui leur permet de développer un usage conscient et responsable des médias sociaux.
Le monde académique soutient les parents dans cette démarche, notamment à travers des projets tels que Mediawijs. L’enseignement accorde lui aussi une attention croissante à la désinformation et aux escroqueries sur Internet et les réseaux sociaux.
Les pouvoirs publics doivent mettre en place un cadre juridique réalisable, efficace et proportionné, en totale conformité avec la législation européenne. Les réseaux sociaux ne s'arrêtent pas aux frontières nationales. Cela vaut tant pour la technologie que pour les utilisateurs. Une législation complexe, marquée par des disparités régionales, entraîne une perte d'efficacité et une confusion accrue. 

Conclusion

Relever simplement l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux ne rendra pas l’environnement plus sûr. Une politique réellement efficace doit être réalisable, efficace et proportionnée, et cette mesure ne répond pas à ces critères. Les jeunes ont droit à l’information et doivent pouvoir participer au débat public, y compris via les réseaux sociaux.
Les plateformes, le secteur, les parents, l’enseignement et les pouvoirs publics portent une responsabilité partagée, et chaque partie doit prendre ses responsabilités. Avec le Certificat Influenceur et le développement de l’autorégulation, l’Influencer Marketing Alliance assume sa part de responsabilité.
Les pouvoirs publics doivent mettre de l’ordre dans ce cadre afin d’harmoniser les règles complexes et contradictoires au niveau européen. Des règles proportionnées et réalisables donnent à toutes les parties prenantes la possibilité de s’engager. Les pouvoirs publics doivent considérer les réseaux sociaux comme une réalité et investir eux-mêmes dans des mesures et des initiatives visant à protéger leurs utilisateurs.
L'Influencer Marketing Alliance attend avec impatience les propositions de la Commission européenne qui seront présentées aujourd'hui.

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